samedi 14 mars 2015

Manip Glacio

Une fois n'est pas coutume, j'ai encore battu mon record de sud. Car pour la première fois, j'ai foulé le sol du continent Antarctique, le grand désert blanc qui ne s'arrête pas.  Celui qui me narguait depuis près de deux mois, où depuis notre île, il tentait régulièrement de se faire oublier en se confondant avec les nuages. Outre battre des records personnels, le but de ma venue sur le continent est en premier lieu servir la noble cause scientifique, en participant à la manip' glacio.



Pour faire une manip glacio, il vous faudra tout d'abord trouver... un glacio. On reconnait facilement un glacio à ses attributs caractéristiques : de longs cheveux noirs et une barbe idoine. C’est le luxe : nous en avons deux exemplaires sur la base. Pour des raisons pratiques et pour pouvoir les distinguer nous les appelons respectivement Stéphane et Guillaume. Tous les mois, nos deux valeureux glaciologues vont faire des relevés sur la calotte glaciaire afin de suivre son évolution. J'ai donc eu l'honneur de suivre Guillaume en tant que larbin assistant technique.
Pour faire les 5 km jusqu'à la base Prud'homme sur le continent, rien ne vaut l'hélico. Fabien, le pilote, sera aussi l'assistant technique de Stéphane pour la manip.




Arrivés à Prud'homme, il faut maintenant grimper sur la calotte : un immense bloc de glace bleue complètement lisse. Impossible de faire deux pas sur la glace vive sans chausser de solides crampons : le continent vous refoulera en bas de la pente sans aucun scrupule, vous ou tout autre objet que vous poserez par terre. A chaque pas, les crampons arrachent une multitude de petits bris de glaçons qui aussitôt entreprennent de descendre doucement la pente en une cascade continue. Un petit bruit de bâton de pluie cristallin accompagne notre ascension.
La manip' consiste à mesurer la longueur émergée de tubes plantés profondément dans la glace et disposés sur une quarantaine de sites. Pendant que l'un mesure, l'autre note les valeurs dans un calepin.




On profite de la hauteur pour admirer la vue qui s'étale au loin. On peut voir une très mince bande de mer au loin vers l'ouest, qui se rapprochera rapidement les jours suivants par la force de la houle. La base Prud'homme est cachée en contrebas.





En bonus, voici les traditionnelles photos de mission de la TA65.










6 commentaires:

FRi a dit…

Tu es dans quelle lettre ? (je dirais le A, au milieu à droite...)
Sinon le message est passé dans ton poste à galène frigorifique ? :)

Domigene a dit…

Il n'y a plus que 24 hivernants, qu'est-il arrivé au 25e ?

Manu a dit…

@Fri : Tu as perdu du premier coup ! J'étais en fait caché dans le V en bas côté gauche. Sinon j'ai bien reçu le message et la musique (très sympa !) dans l'émission d'il y a deux jours. Victime de son succès, il y a en ce moment plusieurs semaines d'attente pour les dédiSkuarock !

@Domigene : en fait on est bien que 24 à hiverner cette année. Sur la photo de l'IPEV on est effectivement 25 mais il y a un VSC qui ne restait que pour la campagne d'été.

Nathalie a dit…

Et si tu arrêtais de raconter des plus ou moins bêtises pour faire un véritable reportage sur le terrain ? Nous pourrions en faire un livre print-on-demand sur lulu.com, le sujet assurant une cinquantaine de ventes chaque année (public : hivernants mais surtout mères, grands-mères, tantes en flip total avant le départ de leur fils/petit-fils/neveu).

Charles Fourment a dit…

Ah bah y a de l'article maintenant, je m'étais arrêté à la traversée à bord de l'Astrolabe :)
N'hésites pas à partager des photos de phoques/empereurs/oiseux divers et variés, y en a des magnifiques dans ton article de février !

Manu a dit…

@Charles : patience ! les empereurs sont en train d'arriver en troupeau en ce moment même(2000 bestioles dans la manchotière pour l'instant).